M. M. Ah! Ah! Ah!
J'aurais pu aussi intituler l'aticle : Blabla + Tracas = MMA !
Ou : MMA ? J'ai donné déjà.
Je résume.
Fin octobre 2007, mon père décède. En débarrassant son domicile, nous (ma soeur et moi) découvrons qu'il avait souscrit une assurance-vie dont nous sommes bénéficiaires. Nous contactons la personne mentionnée sur les papiers et quelques jours plus tard nous rencontrons M. T. de chez MMA.
Il nous informe qu'un capital de 6 200 € doit nous revenir chacun. Pour l'obtenir, rien de plus simple que d'ouvrir un compte individuel qui permettra un transfert rapide des fonds, nous dit-il. Au cours de cet entretien, l'effet de surprise passé (notre père ne nous avait jamais tenus informés de sa situation), nous listons à M. T. les projets qui vont être rendus possibles par cette somme d'argent inopinée : voyager un peu peut-être, en placer une partie, financer des travaux, calmer le banquier... M. T. prend des notes.
Il m'appelle quelques semaines tard pour me confirmer qu'il faut ouvrir un compte et qu'il faut que j'en fasse la demande. Je réunis les documents que M. T. me réclame au compte-goutte et j'attends. Nous sommes début décembre et rien ne s'est passé. Début janvier 2008, j'apprends qu'il ne manque plus qu'un chèque de 106 € pour ouvrir le compte. Après quoi les fonds seront virés et je pourrai disposer de mon argent. M. T. souhaite me rencontrer pour me présenter les solutions qui s'offrent à moi en matière de placements, d'épargne, à court ou long terme, pépère ou à risque. Je l'écoute avec intérêt, mais pour l'instant je n'ai pas le moindre sou. De plus, les intempéries de l'hiver ont achevé de dégrader une toiture et la nouvelle urgence pour moi est cette réparation. Les 6 200 € seraient les bienvenus. "Où sont-ils, M. T. ?" "Ils arrivent". M. T. nous explique que MMA s'est rapproché d'une autre structure et la fusion des équipes et des équipements a un peu déstabilisé les programmes. Nous arrivons en mars et les fonds ne sont pas versés.
Entre-temps, il faut satisfaire à une déclaration auprès de l'administration fiscale. Même si la somme considérée reste dans une tranche non taxable, le fisc doit être tenu au courant du mouvement de fonds. MMA nous fournit un document à faire viser. Surprise : sur ce document, il est indiqué un montant d'assurance-vie de 15 000 € pour un contrat et un autre de 2 000 et quelques pour un autre !
Ma soeur qui n'a pas le même caractère que moi engueule copieusement M. T. plusieurs fois par semaine. N'obtenant que des réponses évasives, elle téléphone au siège. Là, il faut savoir que la gestion des ressources humaines chez MMA se fait de la manière suivante : l'opérateur qui décroche le téléphone change tous les jours. Il ne s'agit pas d'une plateforme téléphonique où l'opérateur, même s'il est toujours différent a au moins la possibilité de consulter une compilation des échanges avec le client sur une base informatique. Non, il change tous les jours signifie qu'il faut à chaque appel recommencer les explications. Et comme les opérateurs n'ont pas tous la même expérience ou connaissance des produits et procédures chez MMA, on obtient des informations contradictoires.
Le ton monte. Je commence à être excédé des atermoiements de M. T., de sa sollicitude mielleuse et de la belle assurance de façade de MMA. Je demande où est cet argent et informe le siège de mon intention de demander des intérêts pour retard de versement de prime d'assurance. En effet, l'assureur est tenu de verser les fonds provenant d'une assurance sur la vie aux bénénficiaires dans un délai maximum d'un mois. J'obtiens une réponse. M. T. me dit carrément : je ne sais pas où est cet argent.
En fait, il nous a mal conseillé. Ce qu'il nous a fait faire (ouvrir un compte pour le transfert des fonds) s'appelle en réalité un "réemploi" dans le langage MMA. C'est-à-dire que l'argent n'est pas destiné à quitter la maison au profit du client. Si le client veut récupérer son argent, il faut qu'il en fasse la demande par l'intermédiaire de l'agent. De plus, en cas d'annulation de réemploi, l'argent n'est versé qu'après un délai d'un mois.
Ce n'est finalement que début mai que M. T. m'appelle et me dit "qu'il a la preuve que le chèque est bien parti du siège".
Le chèque arrive, il est moins important que prévu. Normal, au passage il y a eu quelques frais à payer.
Voilà pourquoi MMA ne verra plus jamais la couleur de mon argent, ni n'en humera le parfum.

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