rêve 2
Je suis en compagnie d'une bande de jeunes gens. Nous sommes réunis pour la visite d'une ville ou pour un séminaire. Nous sommes dehors ; il fait assez froid ; l'ambiance est à l'humour potache mais il y a quand même quelques tensions au sein du groupe.
Nous nous attablons à la terrasse d'un café. Chacun prend rapidement sa place et je me retrouve à l'écart. J'approche une chaise de la tablée et je me retrouve à côté d'une jeune fille discrète et timide. Elle a l'air très gentille et pas très à l'aise dans l'agitation de la bande. Elle a les cheveux fins, d'une jolie couleur châtain clair blond cendré ; elle est décoiffée, soit par le vent soit parce qu'elle ne s'est pas coiffée. Cet air d'abandon, son calme, la fragilité de sa jeunesse me la rendent sympathique et j'ai envie de rester près d'elle.
Puis, nous devons déposer nos valises dans un logement. Celui où j'arrive est constitué par une grande pièce blanche, spacieuse, très peu meublée. Il y a juste un matelas posé par terre. Deux petites filles sont présentes ; elles sont sœurs ou cousines. Elles jouent mais sont sérieuses, la plus âgée donne le ton. Elles sont vêtues d'un gros anorak de couleur claire. Je leur dis qu'elles risquent d'avoir trop chaud ainsi vêtues à l'intérieur et qu'elles feraient mieux de quitter leur doudoune. Elles semblent d'accord et vont se déshabiller. Je m'approche de la plus grande qui a déjà commencé. Leur vêtement est fermé par de gros boutons en forme de corne qui entrent dans des boucles, comme il y en a aux duffle-coats. La manipulation s'avère difficile. Je m'accroupis devant elle avec l'intention de l'aider. Mais en se détournant légèrement, elle me dit d'un air sérieux et concentré « C'est pas toi qui t'aides ! ». Je trouve le mot d'enfant amusant. Elle emploie le verbe "t'aider" parce qu'elle a sûrement déjà entendu un adulte lui dire "je t'aide" ou "je vais t'aider", comme dans d'autres cas, un enfant dit "le gros navion" parce qu'on dit d'habitude "un avion" en faisant la liaison.
Il n'en reste pas moins vrai qu'elle dit "c'est pas toi qui t'aides" et que, dans un rêve, il n'y a pas de mots ni de phrase qui ne soient parfaitement choisis et qui n'aient un sens précis et voulu.
Et cette petite fille, c'est moi (une forme de moi) qui me parle. Je serais tenté de comprendre aussi "tu ne t'aides pas", autrement dit, "tu ne fais rien pour te sortir de la difficulté".
Mais c'est un ordre qui signifie "ne m'aide pas". Si cette petite fille, ce moi, parle à ma conscience, c'est pour lui demander que je n'intervienne pas dans ses affaires, dans ce qu'elle entreprend, autrement dit, que je la laisse agir. Que je la laisse analyser la difficulté qui se présente à elle, comprendre la situation, rassembler ses compétences, mobiliser son intelligence, essayer de réussir en un mot.
Mais j'entends aussi dans sa phrase que quelqu'un m'aide quand même. C'est "pas toi". Qui est-ce, ce "pas toi" ? Quelqu'un que je ne connais pas. Mais que cette petite fille connaît puisqu'elle y fait allusion.

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